Valras-plage : balade entre deux rives

Touristique et conviviale, Valras-Plage est une station balnéaire familiale située à l’embouchure de l’Orb dont le passé d’ancien village de pêcheurs demeure au cœur de son âme de petite ville côtière. Pour le plus grand bonheur des amateurs d’air iodé et de poisson frais.

Quand on arrive à Valras-Plage par la route, le regard recherche naturellement la mer. Et bien évidemment la plage, soit pas moins de 4 km de sable fin qui s’étirent le long du boulevard Jean-Moulin, entre le Casino et le théâtre de la Mer. Un remblai sans cesse parcouru par des promeneurs, bordé d’un côté par restaurants, hôtels et commerces, de l’autre par balançoires, bateaux de bois et mini-tyroliennes.

Avec son Pavillon bleu et ses 4 500 habitants, la ville de Valras-Plage assume son identité de station balnéaire appréciée des touristes qui viennent profiter de sa plage et de ses nombreuses animations sportives et culturelles. Un succès qui ne date pas d’hier. Preuve en est la magnifique façade jaune clair du Chalet - aujourd’hui un hôtel-restaurant - construit à deux pas de la mer par la famille Laugé en 1884, époque à laquelle le lieu commençait tout juste à séduire les amateurs de bains de mer.

L’attrait des bains de mer

Valras n’est alors qu’un petit village de pêcheurs niché entre la mer et le fleuve, ne prenant véritablement son essor qu’au début du XXe siècle avec l’arrivée du tramway électrique reliant Béziers à Valras. Jusqu’alors rattaché à Sérignan, le village devient commune indépendante en 1931 et attire toujours plus de touristes. « Les estivants arrivent, ils reviennent, et puis il y a les enfants, les petits-enfants : c’est vraiment une ville très conviviale », s’enthousiasme entre deux clients, Sylvette, la commerçante.

Poissonnerie à Valras-Plage

Aux halles Marty, où il vaut mieux venir « tôt le matin », on trouve du poisson, des coquillages et fruits de mer, des légumes et fruits frais, mais aussi du fromage et de la charcuterie espagnole. C’est ici qu’Anita, habitante souriante de 81 ans qui ne quitterait Valras « pour rien au monde », aime venir acheter son poisson frais. Quand elle ne passe pas faire la bise à Éric, producteur à Béziers et « enfant de Valras », qui vend ses fruits et légumes tous les vendredis sur la place Charles-Thomas.

L’été, à partir de début juin, le marché s’étoffe et déménage sur le parking du port pour faire face à la demande. Malgré un vent malicieux, Michel et Henriette s’attardent sur un banc face au port de plaisance « pour profiter de la vue ». Des dizaines de bateaux y sont sagement amarrés les uns à côté des autres, leurs mâts s’agitant doucement au rythme des flots : chaque année, plus de deux cents bateaux y font escale. Un peu plus loin, quelques pêcheurs amateurs attendent tranquillement que le poisson morde à l’hameçon. 

Pouples, maquereaux, turbots…

Il est 15h, un chalutier arrive, accompagné par un vol de mouettes. Il accoste sur les rives de l’Orb à quelques encablures du port privé Jean-Gau, en face de l’école de voile. A côté d’autres bateaux de pêche rentrés tôt le matin. Juste à temps pour que leurs femmes vendent la production du jour aux halles Marty ou sur les marchés des environs.

Pour le chalutier « Laisse-dire », c’est une autre histoire : le poisson est servi à la table du restaurant « Aux saveurs du Laisse dire », sur le boulevard. Pierrot, 83 ans, vient donner un coup de main aux jeunes. Ancien pêcheur, lui-même, fils et petit-fils de pêcheurs de Valras, il habite toujours dans le quartier des pêcheurs, à deux pas de là. Il recense la récolte du jour : « des poulpes, des maquereaux, des turbots… » Et se souvient de sa jeunesse, lui qui est parti en mer pour la première fois à 14 ans : « On pêchait le maquereau à partir de mars, puis les sardines, enfin vers juillet-août c’était le tour du thon ». Une époque révolue. Entre-temps, les réglementations et les quotas de pêche sont arrivés tandis que le port de Sète a connu un essor considérable. Si Pierrot reconnaît qu’une nouvelle génération reprend le flambeau, il demeure nostalgique du temps passé : « Aujourd’hui les jeunes sont une petite dizaine, à mon époque on était plus de 300 pêcheurs : il y avait une centaine de catalanes sur les rives de l’Orb ». De ces bateaux traditionnels de bois colorés, construits sur place par le charpentier de marine ou le pêcheur lui-même, il ne reste plus que « La Pierrette » qui affiche ce jour-là son charme de vieille centenaire en cale sèche.

Des petits voiliers-écoles passent sans bruit sur le fleuve. On en aurait presque oublié l’autre rive et sa beauté sauvage. La rive droite, c’est un peu le secret de Valras. A cheval entre Sérignan-Plage et Valras, le domaine des Orpellières est un site naturel protégé classé « Natura 2000 ». Une étendue de sable cachée par de hautes dunes au charme intemporel. Comme pour rappeler à tous que Valras est né de l’union entre le fleuve et la mer.  

A vos marmites : le ragoût de sèche aux olives

Plat emblème de la confrérie de la Pignate de Valras, le ragoût de sèches aux olives est un plat de pêcheurs par excellence. Selon Pierrot, le pêcheur, il s’agit de « roussir l’oignon dans l’huile, mettre un peu d’ail, puis ajouter les pommes de terre pour les faire rissoler. On nettoie la sèche, on la fait revenir pour lui faire rendre son eau. Une fois qu’elle est légèrement dorée, on l’ajoute aux pommes de terre. Puis on met un peu de vin blanc et d’eau ainsi que des olives noires avant de laisser mijoter ».A noter que la fameuse « pignate » est la marmite du pêcheur dans laquelle on fait cuire le poisson.

2 questions à Guy Combes,

Maire de Valras-Plage, Vice-président délégué au tourisme et aux équipements structurants à vocation touristique.

Quelle est la force d'attractivité de votre commune ?

Station touristique incontournable de l’Agglomération Béziers Méditerranée avec ses 4 kilomètres de plage urbaine et ses 1,5 km de plage naturelle, Valras-Plage attire chaque année un grand nombre de touristes et continue de séduire tout autant les habitants de son territoire. Forte de son identité liée à la mer, de son environnement privilégié et de son tissu commercial très dense, Valras-Plage offre la possibilité de nombreuses activités nautiques, culturelles et d’animation qui en font un lieu prisé tout au long de l’année.

Quels sont vos projets majeurs ?

Soucieux d’améliorer le cadre de vie de ses habitants, mais également de rendre la ville toujours plus attractive, nous avons programmé d’importants projets d’aménagement de l’espace public. Nous avons en effet décidé de requalifier le cœur de ville traduisant ainsi notre volonté de moderniser l’espace public et de l’adapter aux modes de vie actuels, notamment en privilégiant la piétonisation et les déplacements doux. Fluidifier et pacifier le cœur de ville, permettre de circuler plus librement à pied ou à vélo, tel est le challenge à relever.

Les espaces publics repensés seront dotés d’aménagements paysagers de qualité qui viendront ombrager et agrémenter les deux nouvelles places dont l’une s’ouvrira largement sur le port qui, lui aussi bénéficiera d’une réhabilitation complète en résonnance avec l’écoport grâce à la Communauté d’agglomération Béziers Méditerranée.

Dès 2019, Valras-Plage présentera un nouveau visage plus séduisant, plus dynamique, plus convivial et s’inscrira durablement comme une escale de qualité en Méditerranée et une ville toujours plus agréable à vivre pour ses habitants.